L’apport des neurosciences

virasana avant
Adho Mukha Virasana

Longtemps on a considéré que dans le cerveau, tout au moins dans sa partie qui fait de l’homo sapiens, mammifère de la famille des grands singes, un animal unique sur cette planète,doté de facultés de raisonnement abstrait, de capacité de langage complexe et d’analyse, que tout était cartographié et immuable : Cortex visuel,raisonnement, mouvement,etc…, tout était localisé. L’apport fondamental de la neuroplasticité a été de démontrer que le cerveau pouvait, dans certaines circonstances et en cas de nécessité, s’adapter. Et par des exercices spécifiques, permettre, par exemple, à des patients victimes d’un AVC (accident vasculaire cérébral) et ayant de ce fait perdu la majorité de leur mobilité, de recouvrer cette dernière, alors que le localisationnisme l’interdisait.

Du coup, quelle lutte acharnée des tenants de cette Vérité pseudoscientifique, pour tenter de démolir, dès qu’elle est apparue, cette nouvelle approche. Digne de l’inquisition !!!.

Puis, avec l’évolution des techniques d’exploration, IRM transcranien, PET scan (tomodensitométrie à émission de positons), l’évolution des recherches, la réalité s’est imposée et a forcé les plus rétifs à accepter ce qui est devenu la vérité. Dés lors, les découvertes se sont succédées, et les connaissances ne cessent aujourd’hui de grandir et de modifier l’image un peu figée de notre outil de communication.

La découverte d’un groupe neuronal au niveau digestif ou au niveau cardiaque, qui peuvent agir seuls, sans ordres préalables du cerveau central, a remis au goût du jour de vieux adages populaires.

Vous ne le saviez pas ? Alors voyons : Avoir les tripes nouées, la main sur le cœur, le cœur brisé……..Ou bien encore Rabelais : le cœur a ses raisons que la raison ignore? Non, ce n’était pas entre 1990 et 2016 !.

En 2003, David Servan-Schreiber écrit, dans le même livre que celui cité au paragraphe précédent : « ne dit-on pas, en effet, que l’on a « la peur au ventre » ou « le cœur léger », que l’on se fait de la bile ou bien que l’on est « ulcéré » ? On aurait tort de ne voir dans ces expressions que de simples figures de style…….De fait, on sait depuis peu que l’intestin et le cœur ont leur propres réseaux de quelques dizaines de milliers de neurones qui sont comme de « petits cerveaux » à l’intérieur du corps. Ces cerveaux locaux sont capables d’avoir leurs propres perceptions, de modifier leur comportement en fonction de celles-ci, et même de se transformer à la suite de leur expérience, c’est à dire d’une certaine manière, de former leurs propres souvenirs » (David Servan-Schreiber était médecin, psychiatre, chercheur en neurosciences cognitives travaillant sur la neurobiologie des émotions, tout en restant un praticien clinique).

La sagesse des anciens apparaît dés lors d’une pertinence que médecins et scientifiques ont encore, à ce jour, du mal à intégrer dans une stratégie médicale plus globale de l’individu. A l’exception des médecines traditionnelles et des homéopathes, qui se servant pour soigner d’un placebo (Science et vie, N° 1168 – janvier 2015 – p 57 – Patrick Lemoine, « la Médecine occidentale a tout à gagner à se servir de l’effet placebo » et p 62,63 Homéopathie, « Elle prouve uniquement l’effet placebo », mais également une étude de l’agence de santé australienne, sur plus de 10 000 patients et dont le résultat est tombé: Effet placebo), l’entourent d’une écoute plus holistique du patient, et obtiennent, de par ce fait, de bons résultats.

agesseJe voudrai également mettre en garde contre certaines personnes écrivant des livre avec des entêtes accrocheuses, dans le but d’en faire des best-sellers, avec la caution de neuroscientifiques (Deepak Chopra et Rudolphe E. Tanzi – « le fabuleux pouvoir de votre cerveau » -éditions Guy Trédaniel – janvier 2014). Si vous en regardez le sous titre, on vous dis, je cite : « nous utilisons 5% de notre potentiel, et si nous en exploitions 100% ? », ce qui , n’en doutons pas, n’est fait que pour vous inciter à acheter le livre, puisque P 12, je cite toujours « d’une manière générale, chaque individu n’utilise que 10% de son cerveau (tiens, le chiffre n’est déjà plus le même!!!). A proprement parler ce n’est pas vrai (tiens donc, on nous mentirais?!). Chez un adulte sain, les réseaux neuronaux du cerveau fonctionnent en permanence à plein régime ». Eloquent, non ?. Sur quelques lignes d’un livre de 370 pages environ, vous avez trois formulations différentes, toutes plus scientifiquement inexactes les unes que les autres. Ce livre est avant tout une tentative de récupération religieuse de certaines découvertes scientifiques. Et tout le reste du livre pourrait être discuté de la même façon. Le pire, p 61, 62 c’est qu’il dit, grâce à un artifice qui est proche de l’escroquerie, « En réalité, vous surpassez l’univers » !!!. Enorme. Attention aux charlatans et autres vendeurs de soupe.

De plus, chaque jour apportant son lot de découvertes dans ce domaine, et il est prudent de ne rien affirmer d’une façon définitive, mais d’expérimenter et de chercher encore et toujours.